J’ai un travail, certes, prenant, fatiguant, difficile, mais j’ai un travail surtout extrêmement drôle. Drôle dans le sens que je travaille en équipe, donc avec des gens, qui sont tous différents et surtout qui viennent de milieux, de culture et de langue complètement différents.

 

Une particularité du service dans lequel je travaille est le bilinguisme. Nous vivons dans un canton bilingue, donc l’Etat a formé des unités de soins germanophone pour prendre en charge des patients qui ne parlent que l’allemand.

 

La problématique, si on peut appeler ça une problématique, est que dans ces services germanophones travaillent beaucoup de francophones qui parlent peu l’allemand ou justement qui viennent pour apprendre l’allemand.

 

Nous écrivons aussi tout en allemand. Donc entre le parler et l’écrit il y a quand même tout un monde.

Lorsqu’au rapport d’équipe on me transmet « Nichts de spécial » avec un accent français bien prononcé je rigole déjà bien et je me dis que mes collègues, qui ne parlent que l’allemand, doivent vraiment s’accrocher pour nous comprendre.

 

Mais hier soir j’ai failli me faire dessus tellement je riais, mon fou rire a duré sur tout mon trajet de retour à la maison. Je me dis que nous, infirmières, avons quand même une sacrée capacité à traduire en actions des phrases qui ne veulent rien dire….

 

Une de mes collègues, voulant noter que pendant la nuit, à un certain patient, il faut mettre un sac qui récolte l’urine (qu’en français nous appelons sac ou poche à urine ou Uriflac) elle nous marque « Urintasche » Sauf qu’une « Tasche » est bel et bien un sac, mais ça se dit plutôt pour un sac de voyage ou un sac à main. J’ai pas pu m’empêcher de demander à ma collègue si elle voulait qu’on branche une marque spéciale, tel que Prada ou Vuitton…..    

Sac Vuitton

Mais la perle va à un de nos médecins que j’adore, rien que la phrase m’a fait décoller de ma chaise, tellement je riais….

 

Les médecins nous mettent évidemment des ordres par écrit et là en l’occurrence il voulait nous rendre attentif au fait qu’un de nos patients a, vu sa démence, des grandes tendances de fugue.

 

Risque de fugue en allemand ça se dit « Fluchtrisiko »

Sauf qu’il nous a noté « Flugrisiko », donc en français « risque de s’envoler »…..

Ailes

Je n’ai pas pu m’empêcher de lui dire que j’avais bien fermé toutes les fenêtres et je lui ai demandé si, pendant l’auscultation, il avait constaté des ailes dans le dos du patient et s’il y avait des soins spécifiques à y appliquer….

 

Non, franchement, il y a des jours ou vraiment ce n’est pas possible….