Bonjour,
Je viens de lire votre livre « Permis C ». Je viens de l’acheter hier au salon du livre et en une soirée il à été lu.
J’ai adoré ce livre, mais surtout j’ai adoré retrouver cette ambiance des années 70, dans les quartiers ritals. J’y ai retrouvé des goûts, des odeurs, des sensations, des souvenirs…. Ce livre transpire cette ambiance d’immigrés d’Italie, cette génération de travailleurs du peuple, ces départs dans le sud chaque été et chaque noël. 
Pendant une soirée je me suis retrouvée à nouveau chez mes parents il y a 40 ans en arrière.
Merci infiniment pour ce bon moment.
Grazie Rubynessa !!
ça fait toujours plaisir…
Un abbraccio,
Joseph

Voici un échange de mails avec l’écrivain Joseph Incardona après la lecture de son livre.

 

Cette semaine j’ai été au salon du livre à Genève. Comme à chaque fois je suis rentrée avec quelques chouettes découvertes.

 

Un des achetés a justement été « Permis C » de Joseph Incardona.

 

Permis C livre

 

Un permis C est en Suisse un permis d’établissement.

 

Il faut savoir qu’en Suisse, les immigrés ont tous un permis d’établissement. Si on naît en France, on obtient automatiquement la nationalité française (enfin c’est ce qui me semble), pas en Suisse. Nous obtenons un permis d’établissement et il peut être A, B, C ou L. Le permis C est le plus haut permis, ça veut dire que nous pouvons rester à l’année, avons toutes les libertés, sauf la liberté de vote au niveau cantonal et fédéral.

 

J’ai eu un permis C pendant 40 ans, du jour de ma naissance (parce que mes parents en avait un) jusqu’en 2007 ou j’ai obtenue ma nationalité Suisse, nationalité que j’avais demandé, ou j’ai du passer des entretiens, (suivant les cantons un examen, ce qui n’a pas été mon cas) et bien entendu, j’ai du payer.

 

 

Permis C

 

 

Le jour ou j’ai prêté serment devant le Grand Conseil (eh oui, nous prêtons serment) j’ai du rendre mon Permis C. Pendant quelques jours j’étais devenue une « sans papiers »

 

Enfin bref, pour revenir au livre, ce livre m’a replongé dans mon enfance, enfance faite de sensations étranges, d’impression de ne pas appartenir à un pays, de ne pas être à ma place.

J’ai beaucoup souffert de ma casquette de ritale, avec mon drôle de nom à consonance italienne. On n’était vraiment pas comme eux et ils nous le faisaient bien sentir. Notre culture tellement différente de la leur nous faisait montrer du doigt.

 

J’ai passé mon enfance en suisse alémanique, on nous appelait « les tschinggeli »  traduit en français, les gens qui puent. Donc on sentait mauvais, on faisait trop de bruit, notre nourriture était bizarre et on ne parlait pas la langue. Dans ma famille on était encore chanceux, toute la famille était réunie, par le simple faite que nous, les enfants, sommes nés ici en Suisse.

 

 

images

 

Mais il y avait des hommes, qui avaient un permis A, donc un permis de saisonnier. Ils étaient là de mars à décembre. C’était des personnes qui travaillent essentiellement sur des chantiers et rentraient donc chez eux à la mauvaise saison. Leur famille était restée au pays et pour la faire venir c’était le parcours du combattant.

 

L’intégration s’est vraiment mal faite, à l’époque, le but étant de travailler, se faire de l’argent et rentrer au pays.

Alors quand je vois l’intégration qu’ont les gens qui viennent d’ailleurs aujourd’hui chez nous en Suisse, je me dis qu’ils ont quand même de la chance, la vague d’immigrés des années 60 – 70 n’a pas eu ça.

 

Ben ce fameux livre de Joseph Incardona m’a complètement replongé dans cette période de ma vie.

 

Pendant toute une soirée j’ai à nouveau eu 10 ans.